Si l'on a le mal du pays...
  
Si l'on a le mal du pays...
 

 
 
LE RENARD EN GAGA  
 
 
Dans les bois du Pilat, y'avait un babiele de corbeau
Qu'avait le babaud et barontait sur un fayard
Qu'était caffi de babets.
 
Dans une boge, y  tenait une rigotte pleine d'artisons
Qu'il avait dû tirancher à la Guiguite du Montcel,
Tant qu'elle écartait son linge.
 
Une rigotte qu’était toute ébouillée,
Qu'on aurait dit qu'elle venait de la gandouse.
 
A travers une coursière, un renard faisait son viron
En débaroulant du crassier de Méon
Au pas de la manu, en tâchant moyen
De remplir son gandot.
 
Ca changera des racines, se dit cette jarjille !!!
Alors y z'attaquent une piaillée …
 
Alors mon belet, ça broge ?
Tu me fais tirer peine.
 
Fouilla, j'arrête pas de gueniller,
Ma matrue est un vrai garagnat,
Elle est toute émaselée, beauseigne,
Elle arrête pas de quiner que ça me fout la lourde !!!
 
Fouyaya, mais t'es franc joli
Que t'as mis tes roupiannes du dimanche !
Je vais pas t'aquiger, mais si tu basseuilles aussi bien
Que t'es beau comme un litre,
On va te nominer le champion des rapetarets de Sainté !!! 
 
Quand il entend ça, le machuré à plumes y se sent plus.
Il devient tout bayard et il a les quinquets tout gonfles.
Bref y prend la grosse tête.
Alors y prend un grand bol d'air
Et ouvre tout grand son caquet
Pour beurler quéque âneries.
 
Et vlan, v'là la fourme qui débaroule
Tout de traviole sur les barabans
Miladzeu !!!
 
Le rouquin à cacasson
Qui voulait pas rentrer à point d'heure,
Y saute sur la tomme et s'en met une pleine ventrée.
Quand il est couffle, y se met à jabiasser
Et dit à l'autre bayayet, qu’en a les ébarioles :
 
Pauvre badabeu,
Écoute moi rien que !
Quand tu broges, un tant soit peu,
Dis toi qu'il y aura toujours quèque faramelan
Qui viendront te camphrer pour tacher moyen
De te piquer tes yas
Ou pour chicoter dans ton gandot.
 
C'est pas la peine de tauner,
Ce que je viens de te piailler
Valait bien un mate-faim,
Pas ?
Alors mainant que t'es éjaillé, fais pas la bobe
Et prends pas la lourde.
Alors sans adieu, grand bazut !
 
Jean de La Fontaine
(traduction)

 

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